Françoise Carré

Barque, bachot, bélandre, baleinière, barcasse, barge, barquerolle, barquette, barquot,   batelet, birème, biscaïenne,  bisquine, cange, canot, chaland, chaloupe, coble, esquif, filadière, nacelle, norvégienne, périssoire, patache, pinasse, pirogue, plate, rafiot, rigue, satteau, sinagot, taureau, tillole, toue, trirème, voirolle, warnetteur, youyou. 
Barque de pêche, barque catalane, marseillaise, barque majestueuse du Léman, celles bleues d’Essaouira, multicolore de Saint Cado. 
Nos imaginaires sont peuplés de barques depuis celles de Charon ou de Pierre, combien de passeurs ? Barques de Khéops, Bayeux, du lac Lagoda, d’Étretat,  Antibes ou Collioure, combien de peintres ou de poètes pour les dire ?
Nous avons tous une barque au fond de notre mémoire qui berce nos souvenirs, nos pensées, nos espoirs. 
Compagne des hommes et des femmes dans leurs tâches quotidiennes, leurs labeurs ou travaux, leurs voyages, promenades, jusqu’aux traversées les plus longues et les plus périlleuses. 
Depuis l’aube des temps, jusqu’aux confins de la terre, dès que l’homme a voulu marcher sur l’eau la barque était là. Qui l’attend sur la rive, patiente, humble et fidèle, pour le mener au gré de son désir ou l’aider à s’échaper, le protéger du mieux qu’elle peut, le porter jusqu’au bout de son espoir.
Autant de barques qu’il y a d’époques, de peuples, de ports, de villages, de rives et de rivages, de rêve d’un ailleurs meilleur.