Pierre Genouvrier

Pierre Genouvrier travaille le grès, parle groupe, dynamique et élévation. Pourtant, son apprentissage des fondamentaux de la 3D et de la céramique reste récent. Il y a encore six ans, et après avoir hésité entre une carrière scientifique de géologue ou de biologiste et les arts appliqués, il opérait dans le milieu du cinéma d’animation. Son travail actuel se développe à la confluence d’intérêts marqués pour la paléontologie, l’anatomie comparée et l’évolution du vivant. Chacune de ses imposantes sculptures résulte d’une synthèse entre le zoomorphe et le géomorphe, entre les peintures rupestres, l’animal, la trace, l’empreinte, la grotte, les concrétions et les formes alcalines. Il ose le grand écart entre les peintures pariétales préhistoriques et le cinéma d’animation de Miyazaki et ne cache pas sa fascination pour la Princesse Mononoké ou Nausicaä. Il joue de ces superpositions d’images 2D pour former ses groupes sculptés plus allusifs que figuratifs et saisis dans le mouvement. Il privilégie le groupe et sa dynamique dans l’espace à l’individu et, tandis qu’il traite de l’effacement des mastodontes il y a 12 000 ans, il questionne la disparition des espèces contemporaines.

Quelques taches et traits timidement tracés aux engobes oblitèrent ses pièces. On y entrevoit des paysages et derrière eux la volonté d’aller plus loin dans cette voie de la couleur.